a durational performative intervention in
which I did a five hour standing/and or sitting meditation daily in the
back of a cube truck, for a period of one week as part of the Dépossession
project organized by Folie Culture (Ville de Québec)
On the first day, (a Sunday) the folks from
Folie Culture decided to park “my” truck by a playground.
A gang of adolescents soon approached and tried quite hard to get me
to react. After riding their bicycles up the ramp and into the truck,
throwing wads of paper and rocking the trunk from both sides, they finally
gave up after about 35 minutes. During that time I sat in stillness
and attempted to to stay focussed on my breath while feeling into the
fear and surprise without feeding it or denying it. All of the boys
left then, save the youngest. Soon after their departure, he joined
me in the truck and sat sharing the silence for about 20 minutes. When
I left the truck at the end of the five hours he was waiting for me
and said, “it is very important what you did in there.”
What this meant for him and how the lesson of stillness will affect
him, I do not know. What I do know and feel grateful for are the moments
that I shared with him in the truck and on the street.
Another day, a man stopped and left me a
tomato. This gift became the “subject” of a powerful walking,
standing and eating meditation on the nature of the gift.
The following is the descriptive text and
press release prepared for this project. It speaks of how the project
is responsive to and engaged with some issues that are of concern to
the local community and to society at large such as mental health and
urban planning:
Se déroulant principalement dans
l’axe de la rue Saint-Joseph, à Québec, l’événement
prend pour prétexte le remodelage du centre-ville et la recomposition
de son tissu social pour interroger, sur un mode métaphorique
ou d’échange, les réponses institutionnelles relatives
à l’occupation du territoire urbain. Folie/Culture désire
susciter une réflexion sur le thème de la Dépossession,
du nomadisme obligé, qui renvoie notamment à la situation
vécue par de nombreuses personnes éprouvant des problèmes
de santé mentale, qui se trouvent trop souvent dessaisies de
leurs droits, de leur pouvoir, de leur espace et de leur milieu.
Les artistes Claudine Cotton, Isabelle Laverdière
et Devora Neumark sont invitées à « habiter »
des camions de déménagement qui se déplaceront
au centre-ville, tandis que Les Fermières Obsédées
et Christine St-Maur auront comme résidences provisoires deux
vitrines de la rue Saint-Joseph. Dans ces logis éphémères,
leurs interventions iront des arts visuels à l’esthétique
relationnelle, parfois sur place, parfois en circulant dans la ville…
Folie/Culture veut aborder la thématique
de la « dépossession » et produire un événement
d’importance à Québec. Échelonné sur
une période de sept jours consécutifs et réalisé
par sept artistes en arts visuels, il s’articule dans la ville,
autour de trois interventions interreliées prenant la forme d’occupations.
Résumé du projet
Réfléchir autour de la thématique de la dépossession
nous amène, inévitablement, au cœur de la ville où
les nouveaux développements du centre-ville de Québec
tendent à priver les résidents de leur environnement habituel,
les obligeant à s’exiler. Ainsi, l’idée de
travailler avec cette thématique nous ramène-t-elle aux
problématiques que soulève le fait d’« avoir
un problème de santé mentale », situation où
les gens se retrouvent souvent dépossédés de leurs
droits, de leur pouvoir, de leur espace, de leur milieu, etc. Aussi,
souhaitons-nous proposer aux artistes de se pencher sur les processus
qui régissent l'idée de dépossession afin que leurs
interventions initient des déplacements réels ou symboliques,
en continu et provoqués, jouant ainsi avec l'idée des
effets du nomadisme obligé. En conséquence, ceux-ci seraient
invités à occuper un logement provisoire, des vitrines
de magasins converties, pour l'occasion, en logis éphémères
ainsi que des camions de déménagement qui seraient ouverts
au public et qui circuleraient continuellement dans la ville.
Description du projet :
Avec ce projet, nous souhaitons amener les artistes à réfléchir
et à questionner la notion de dépossession en explorant
trois aspects « lieux » qui nous semblent pertinents vis-à-vis
des processus régissant cette thématique, soit : la ville,
le logement et le corps comme lieux confrontés à des déplacements.
Nous désirons mettre en évidence ces glissements d’un
lieu à l’autre; par exemple, ceux du corps dans la ville,
du corps dans son espace de vie (le logement), en interaction dans la
ville et vice versa. Nous pensons ainsi soulever un questionnement pertinent
sur ces différents lieux/territoires en déplacement constant
et, nécessairement, amener la réflexion jusqu’à
l’idée de nomadisme obligé que provoquent de nouveaux
enjeux politiques et sociaux, où l’idée même
de la ville et de son expansion passe avant certaines réalités
sociales importantes. À cet effet, l’événement
se déroulerait en des points stratégiques de la ville
de Québec où les nouveaux développements amènent
des modifications, des « améliorations » qui privent
les résidents de leur environnement habituel, les obligeant ainsi
à s’exiler continuellement.
Nous souhaitons proposer aux artistes de se pencher
sur certains processus propres à l’action de « de
déposséder quelqu’un de son bien ». Aussi
la ruse, le détournement et le mensonge deviendraient-ils stratégies
opérantes dans leur projet. Pour ce faire, nous souhaiterions
qu’ils proposent, dans leur travail, des déplacements réels
ou symboliques, en continu et provoqués, jouant ainsi de l'idée
même des effets néfastes de ces déplacements imposés.
Les artistes seraient amenés à occuper
un logement collectif, trois vitrines de magasins ainsi que quatre camions
de déménagement, loués pour l’occasion. Nous
croyons qu’ils pourraient y habiter et les investir durant les
sept jours – jour et nuit – puis, déménager
afin de provoquer une circulation entre les différents lieux
: de l’appartement aux vitrines, d’un camion à l’autre,
de vitrines en camions, etc. Les camions feraient, ainsi, office de
logis de passage, de zones de transfert proposant une série de
liens entre artistes / appartement / camions / vitrines / déplacements
/ habitat / ville. Nous désirons mettre de l’avant l’idée
de déplacement incessant afin que les artistes, eux-mêmes,
soient continuellement en état de transfert, de mutation, d’insécurité
et de précarité. De cette façon, ils seraient amenés
à évoluer vers une sorte de performance collective, en
mouvance, où chacune des visites du public viendrait ponctuer
symboliquement des temps d’expositions éphémères,
des temps d’arrêt. Nous souhaitons, enfin, que le public
qui circule dans la ville – puisque nous nous installerons dans
des lieux stratégiques – se questionne sur le pourquoi
de ces déplacements proposés, sur les changements qui
auront lieu au cours d’une même journée, de jour
en jour. Les vitrines, les camions ainsi que le logement devenus des
espaces de vie en perpétuelle transformation feraient ainsi l’objet
d’un intérêt particulier et, surtout, d’une
réflexion inhérente à leur transformation et à
leur déplacement dans l’espace de la ville.